Guadeloupe 2020-2021: Analysis & Key Events

by Archynetys Entertainment Desk

Plus de cinq ans après le premier confinement décidé par le gouvernement, quand la crise sanitaire liée au Covid-19 s’est invitée en France et quatre ans après l’instauration de l’obligation vaccinale, quels enseignements tirés des remous provoqués en Guadeloupe, durant cette période contrainte ?

L’obligation vaccinale est une pilule qui n’est pas du tout passée auprès de bon nombre de soignants de l’archipel. La fronde qui les a opposés aux autorités et à leurs employeurs a été longue, forte et, parfois, violente, jusque dans la rue. Le sujet a profondément divisé la population locale, dans un contexte où le territoire a enregistré l’un des taux de mortalité les plus élevés, à l’échelle nationale.

Pour revenir sereinement sur ces évènements, les laboratoires “Centre d’analyse géopolitique et internationale” (CAGI) et “Pouvoirs, Histoire, Esclavage, Environnement, Atlantique, Caraïbe” (PHEEAC) ont organisé, ce samedi matin (13 décembre 2025), sur le campus de Fouillole (Université des Antilles), un séminaire sur le thème : “Résistances vaccinales au Covid-19 et politisation de la santé“. Deux professeures se sont penchées sur cette question : la professeure de sociologie Stéphanie Mulot et la professeure d’anthropologie Raphaëlle Rabanes (Université d’Illinois, aux Etats-Unis).

Analyser pour comprendre

Un sujet si épineux, qui a tant divisé, ne peut pas être mis sous le tapis. D’où l’importance de cette démarche scientifique ; le séminaire vise à comprendre et éviter de refaire les mêmes erreurs, en cas de nouvelle pandémie probable.

L’obligation vaccinale contre le Covid-19 a été négativement perçue par une grande majorité des populations de Guadeloupe et de Martinique. La contestation serait le résultat d’une multitude de facteurs.

« Beaucoup de choses se sont jouées en même temps : l’héritage de l’esclavage et la sensation de porter toujours les inégalités héritées de l’esclavage, des fractures sociales et économiques, des inégalités sociales d’accès à la santé, au travail et au logement, qui peuvent créer des sentiments de déclassement dans la population, un manque de confiance qui vient aussi d’être stigmatisé dans son quotidien et un manque de confiance dans les autorités sanitaires, lié au Chlordécone… »

Stéphanie Mulot, professeure de sociologie, membre du PHEEAC

Le sujet de la vaccination contre le Covid-19, sujet sanitaire, a été politisé, dans un contexte compliqué.

« La santé publique, c’est désormais un sujet, un espace où l’on s’exprime sur des problématiques qui ne sont pas entièrement liées aux problèmes médicaux, puisque des questions politiques, identitaires, idéologiques s’invitent de plus en plus dans les débats et dans les réflexions des patients, sur les choix thérapeutiques qu’ils doivent faire. Le contexte post-colonial, post-esclavagiste a servi de terreau à une opposition à des décisions sanitaires, perçues comme étant prises à Paris et peut-être extérieures à la population. »

Stéphanie Mulot, professeure de sociologie, membre du PHEEAC

Et puis il y a eu les campagnes de désinformations qui ont circulé sur les réseaux sociaux, ainsi qu’un rejet de la médecine occidentale.

« La population a pu avoir l’impression d’avoir une résistance naturelle, par rapport à un ancrage dans le territoire, une préférence pour les ressources naturelles, pour les rimèd razié, pour les plantes médicinales, pour la pharmacopée locale… Tout ça a pu contribuer à donner l’impression d’une invulnérabilité, par rapport au vaccin et d’une résistance naturelle, historique, politique, idéologique et identitaire, face au virus. »

Stéphanie Mulot, professeure de sociologie, membre du PHEEAC

Le rendez-vous de ce samedi s’inscrit dans un cycle de séminaires sur la santé en Guadeloupe et en Martinique.

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