C’est une mise en garde assez claire qu’a adressée l’Iran, aujourd’hui, au continent européen.
Téhéran exhorte l’Europe à éviter tout “geste de complicité avec les agresseurs”, je cite. Autrement dit… toute aide aux armées israéliennes et américaines.
Alors pourquoi cet avertissement iranien ?
Il fait suite à un communiqué conjoint de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni… Les 3 pays se disent prêts à agir pour “détruire les capacités de l’Iran à tirer des missiles et des drones”.
Y compris à détruire ces capacités “à la source”, je cite.
En termes simples : ça signifie potentiellement bombarder des installations sur le sol iranien. Et donc, de fait, entrer dans le conflit.
Comment en est-on arrivés là, Frédéric ?
Oui, quel contraste avec les premières heures de la guerre, samedi, il y a 3 jours.
Tout de suite, la France et le Royaume-Uni avaient fait savoir qu’ils n’était pas impliqués.
“Ni impliquée, ni prévenue” avait même indiqué Emmanuel Macron. Londres avait refusé aux Etats-Unis d’utiliser ses bases militaires face à l’Iran.
En résumé, “cette guerre, ce n’est pas notre guerre”, ont expliqué les Européens.
Mais depuis, des drones attribués à l’Iran ont touché une base française aux Emirats, sans faire de blessés. D’autres drones ont atteint une base britannique sur l’île de Chypre, là encore avec de simples dégâts matériels.
Voilà pourquoi l’Europe a dû hausser le ton.
L’île de Chypre se trouve à moins de 400 kilomètres d’Israël et du Liban. Elle fait partie de l’Union européenne. Et elle a demandé des renforts militaires.
La Grèce et la France vont d’ailleurs envoyer des navires équipés de systèmes anti-missiles, selon le gouvernement chypriote. Une mobilisation pour dissuader toute attaque sur le sol européen.
Sauf que cette réponse est loin d’être coordonnée entre les 27…
Oui, les Européens ne veulent pas rester spectateurs ; mais devenir acteurs. Sauf que les acteurs, il leur faut un texte… Et ce texte est bien difficile à écrire à 27 mains…
La racine du problème, c’est que les points de vue sont assez divergents. Depuis l’Espagne qui condamne l’attaque israélienne ; jusqu’à la République Tchèque qui, elle au contraire salue cette offensive.
Entre les deux, la France, qui ni condamne, ni ne soutient.
Ajoutez dans l’équation, la Commission européenne, qui pourtant n’a pas de compétence pour définir la politique étrangère, mais qui y va quand même de son communiqué de presse, pour éviter de paraître hors-jeu.
Alors à mesure que la guerre se prolonge, les injonctions vont se multiplier. Les pressions vont s’accroître sur les Européens pour qu’ils se joignent au front.
D’ores et déjà, la France fait voler des rafales dans le ciel des Emirats ; Londres autorise désormais les Etats-Unis à utiliser ses bases militaires.
Une forme d’entre-deux. A mi-chemin entre la neutralité et la belligérance.
