Every March, the Blue Mars campaign reminds us of a paradox: one of the deadliest cancers is also one of the easiest to cure… provided it is detected in time. However, in France, only one in three people participate in colorectal cancer screening.
Le 5 mars marque le lancement de la mobilisation nationale pour le dépistage du cancer colorectal. Un rendez-vous de santé publique devenu indispensable face à une réalité préoccupante : près de 47 500 Français, autant d’hommes que de femmes, sont touchés chaque année par cette maladie. Elle constitue le deuxième cancer le plus meurtrier, juste après celui du poumon.
Et pourtant, le dépistage repose sur un test simple, rapide et gratuit. À partir de 50 ans, il suffit de réaliser tous les deux ans un prélèvement à domicile à partir d’un échantillon de selles. Détecté précocement, le cancer colorectal se guérit dans neuf cas sur dix.
Malgré cette efficacité démontrée, la participation reste insuffisante : à peine un Français sur trois dans la tranche d’âge concernée réalise ce test. La campagne de sensibilisation relancée cette année, avec le slogan « Bougez-vous le côlon », tente de lever les freins persistants, souvent liés à la gêne ou à la méconnaissance.
Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la participation est même légèrement inférieure à la moyenne nationale de 34,2 %, loin des 45 % observés en moyenne dans les pays européens. Chaque année, on y recense environ 3 600 nouveaux cas et plus de 1 300 décès.
À l’hôpital, les conséquences du retard
Dans le service d’hépato-gastroentérologie de Hôpital Nord, le constat est quotidien. Le professeur Marc Barthet voit défiler des patients qui, bien souvent, expriment le même regret : ne pas s’être fait dépister plus tôt « c’est ça qui est le plus désolant et qui touche forcément quand on est soit même un père et même un grand-père, ces patients reconnaissent qu’ils auraient dû se faire dépister, certains s’en persuadent quand il est déjà trop tard »
Pour le spécialiste, le dépistage permet d’éviter le pire. Il permet surtout d’intervenir avant l’apparition de symptômes, lorsque la maladie est encore localisée et plus facile à traiter. Mais encore faut-il franchir le pas d’un test que beaucoup repoussent par pudeur ou par crainte « il y a une sorte de reflexe de ne pas vouloir connaitre la vérité chez certains patients, développe le docteur Marc Barthet, on fait l’autruche et le test en tant que révélateur d’une maladie potentiel, fait peur
Dans une chambre du service, un patient de 67 ans suit aujourd’hui une chimiothérapie. Il reconnaît ne s’être jamais soumis au dépistage : « dans ma famille, personne n’a jamais eu de cancer, alors on se dit qu’on a peut-être de la chance, quand on m’a découvert une tumeur j’ai compris que j’aurais du m’inquiéter plus tôt »
Selon le professeur Barthet, un diagnostic plus précoce aurait probablement permis d’éviter la chimiothérapie, voire de limiter le traitement à une intervention beaucoup plus légère. Une réalité que les médecins observent régulièrement : plus la détection est tardive, plus les soins sont lourds et les chances de guérison diminuent.
