C’était une promesse d’Emmanuel Macron lors des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 : le sport, comme la musique, a désormais son jour de fête, dont la première édition a lieu ce dimanche et que les organisateurs “rêvent” d’hériger en 21-Juin du sport. “Voilà enfin, un an après, un début d’héritage de ces Jeux olympiques et paralympiques qui ont été extraordinaires”, estime Marie Patouillet, cycliste double médaillée à Paris l’été dernier.
“Le principal enjeu, ça va être de transformer toute cette effervescence qu’il y a eu autour du sport de haut niveau” l’an dernier, en enthousiasme pour le “sport pour tous”, affirme la para-athlète. “On va parler d’inclusion, de rendre le sport plus accessible en fonction des classes sociales, en fonction d’un corps avec un handicap ou non, et c’est un gros challenge, de transformer un essai, les sportifs et sportifs de haut niveau ont fait rêver avec leurs performances, aujourd’hui on parle plus de performances, on parle de découvrir le sport et de prendre du plaisir.”
“C’est important je pense pour amener cette culture sportive, mais pour autant, le fait de se focaliser sur ce registre uniquement émotionnel (le sport qui rassemble, le pays qui vibre) d’une certaine manière, ça empêche quand même de parler de la réalité, ça masque aussi la réalité et les inégalités qui existent encore en France, et de ce point de vue-là, l’héritage, je pense, est encore en construction”, insiste Guillaume Dietsch, agrégé d’EPS, auteur “La France n’est pas un pays de sport ?”.
” Demander un effort à un secteur qui se sert la ceinture depuis toujours, c’est inacceptable”
Les Jeux de Paris étaient “une parenthèse enchantée, ça ne pouvait être que ça, maintenant effectivement il y a toujours ce challenge pour qu’on soit vraiment un pays de sport, il faut que le sport soit accessible à tous et il faut surtout qu’il soit représentatif, que chacun et chacune puissent se projeter dans un champion et je pense qu’on en est encore loin”, regrette d’ailleurs Marie Patouillet. “Le regard a changé sur le handicap”, raconte-t-elle, “on a regardé le sportif ou la sportive paralympique via le prisme de sa performance et non via le prisme de son handicap, maintenant dans l’inclusion il n’y a pas que le handicap, il y a la communauté LGBT, il y a la question du racisme, il y a la question du sexisme, et en fait la France serait un pays du sport quand il sera représentatif de toutes ces diversités”.
Sur la baisse des budgets, et les efforts demandés au ministère des Sports, Nathalie Iannetta, directrice des Sports de Radio France, dénonce des décisions “inacceptables” et le risque de “graves conséquences”. “Quand vous pesez 90 kilos et qu’on vous demande de perdre 17% de votre poids, en réalité c’est une grosse perte de poids, mais c’est pas très grave. En revanche si vous pesez 35 kilos et qu’on vous demande de perdre 17%, c’est pas que c’est beaucoup, c’est que vous allez mourir”, illustre-t-elle. “Le budget du sport, il est le plus petit de tous les gouvernements, y compris en Europe. Demander un effort à un budget et à un secteur qui déjà se sert la ceinture depuis toujours, c’est ça qui est inacceptable, parce qu’encore une fois, certains clubs vont mourir, certaines pratiques vont disparaître, et au bout du bout, ce que nous espérions comme héritage va se transformer en une dette pour la société très lourde.”
